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La Serbie à la Sorbonne: une longue tradition
Discours introductif du professeur
d’histoire Jean-Paul Bled à la réunion Kossovo: une question de civilisation,
tenue dans l’amphithéâtre Guizot à la Sorbonne, le mercredi 28 mars 2007. La liste s’allonge avec Frédéric
Gustave Eichhoff, professeur de littérature comparée, et Saint-René Taillandier,
titulaire d’une chaire de poésie, puis de rhétorique, connu pour son amitié
pour les Serbes et les Tchèques. Et voici que s’ouvre une longue liste
de grands historiens qui, à des titres divers, s’intéressèrent à la Serbie.
Ernest Lavisse, le grand maître de l’école historique française de l’avant
14, et Alfred Rambaud n’étaient pas des spécialistes de l’espace balkanique;
Ils n’en consacrèrent pas moins quelques belles pages à l’histoire du
peuple serbe dans leur Histoire Générale. Mais, après eux, vient
une série de spécialistes Grand spécialiste de la Bohême, Ernest Denis
étend son champ d’intérêt à la Serbie. Il lui
consacre, en 1916, un livre qui, sous le titre de La Grande Serbie,
est resté un classique. Après la guerre, il fondera, en 1919, l’Institut
d’Etudes Slaves. A Ernest Denis, il faut associer Emile Haumant, auteur
d’une Histoire des Yougoslaves, et le grand orientaliste Victor Bérard
qui, après les heures tragiques de 1915, fonda le Comité franco-serbe
et fut à l’origine de la journée serbe organisée dans toutes les écoles
de France. Il faut encore mentionner le grand byzantinologue Charles Diehl
qui apporta aussi sa pierre à ce grand mouvement de l’amitié franco-serbe. Cette grande œuvre n’est pas un
monopole des universitaires. A leur côté, on trouve des diplomates comme
le baron d’Avril, auteur de la traduction de la Bataille de Kossovo
que notre ami Komnen Becirovic vient si heureusement de rééditer; des
érudits à la manière d’Edmond Laboulaye et Joseph Reinach; des écrivains
comme le grand mystique Edouard Schuré; des historiens, enfin, comme Frantz
Funck-Brentano. Tous ces auteurs ont évoqué dans
leurs œuvres la poésie épique serbe, notamment La Bataille de Kossovo.
Certains ont même fait plus et lui ont consacré une de leurs œuvres. Tous
ont souligné que cette poésie populaire, due à des auteurs anonymes, transmise
de génération en génération, fut, pour reprendre l’expression d’Edouard
Schuré «le signe de ralliement de la, pensée serbe». Elle a, en effet,
forgé l’unité morale du peuple serbe, en l’aidant à traverser la longue
épreuve de plusieurs siècles de servitude. Tous ces auteurs sont des témoins
valeureux, pour certains prestigieux de l’amitié franco-serbe. A ce titre,
ils ont légitimement droit à notre gratitude. |
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