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Kossovo: refus et mépris de l’histoire, de la morale et de la civilisation par les dirigeants de l’Ouest
Allocution prononcée par Komnen
Becirovic lors de la réunion Kossovo: une question de civilisation,
tenue dans l’amphithéâtre Guizot à la Sorbonne, le mercredi 28 mars 2007. C’est dire notre immense satisfaction
de pouvoir, grâce à l’extrême compréhension du professeur Jean-Paul Bled
et des autorités de la Sorbonne, de nous offrir, pour la troisième fois
durant ce dernier lustre, la possibilité, à nous autres Serbes et à nos
amis français, de traiter dans ce haut lieu de l’esprit qu’est la Sorbonne,
précisément de cette part essentielle de la question du Kossovo, celle
de l’histoire, de la culture, de la civilisation. La part demeurée, hélas,
ignorée, occultée, rejetée, vouée aux gémonies par la classe politico-médiatique
au profit d’une approche uniquement démographique, bassement politique
et faussement idéologique et humanitariste de ce problème aux dimensions les plus vastes.
J’exprime donc notre profonde reconnaissance à la direction de la Sorbonne,
en particulier au professeur Bled qui, en éminent historien de l’Europe
centrale et par là des Balkans, a parfaitement saisi les causes profondes
qui ont y engendré les conflits récents. Tout comme il a compris que la
France ne se serait jamais fourvoyée dans la guerre contre Je salue nos deux frères dans la
vérité et dans la justice, présents sur cette tribune dans la personne
de Jean-Paul Besse, auteur inspiré et érudit des Cités Royales,
mais aussi pèlerin infatigable des hauts lieus du monde orthodoxe dont
il connaît admirablement la civilisation ; et dans la personne du
docteur Patrick Barriot, le grand témoin du martyre serbe tant au Kossovo
qu’en Bosnie et dans la Krajina, relaté dans ses divers ouvrages. Je vous salue tous et toutes heureusement
ou plutôt providentiellement réunis dans la même ferveur et douleur kossoviennes,
dans l’enceinte de la Sorbonne ! De grandes ombres de Claude Fauriel, de
Saint-René Taillandier, d’Ernest Denis, de Charles Diehl et celles de
vos autres illustres devanciers
que vous venez d’évoquer, cher Jean-Paul Bled, qui ont magnifié ici le
patrimoine culturel serbe kossovien, s’émeuvent ce soir. Quoi, donc, de plus naturel que
le Kossovo dans ce haut-lieu de la civilisation qu’est la Sorbonne, puisque
la terre de Kossovo avec le reste de Pour comprendre comment cela s’est
passé, il convient de rappeler brièvement quelques vérités élémentaires,
essentielles sur le Kossovo pour la simple raison qu’on les occulte, qu’on
les falsifie, qu’on les dénature. Tout d’abord, il faut être au clair
avec la fable d’après laquelle les Albanais aient peuplé le Kossovo avant
l’arrivée des Slaves dans les Balkans au VIIe siècle, puisque
non seulement rien n’y atteste leur présence, mais l’histoire ne les connaît
point dans les Balkans jusqu’à la fin du XIe siècle quand ils
sont mentionnés, pour la première fois, par l’historien byzantin Michel
Attaliates. Comme s’ils n’y avaient pas été durant tout le premier millénaire
ou bien n’avaient joué aucun rôle important ! Ensuite,
une autre fable, claironnée surtout par l’écrivain albanais Ismaïl Kadaré,
qui veut que les Serbes et les Albanais se soient déchirés depuis toujours,
alors que des faits historiques indubitables, en commençant par celui
de l’origine serbe de Skanderbeg, héros national albanais, prouvent le
contraire, à savoir que les deux peuples ont vécu en parfaite entente
tout au long de Moyen-Age jusqu’à la conquête définitive des Balkans par les Turcs à la fin du XVe
siècle. C’est alors, en se convertissant à l’islam, la religion de l’occupant,
et en se mettant à son service que les Albanais obtinrent le droit de
disposer des biens, de l’honneur, de la vie et de la mort de ceux qui
demeurèrent chrétiens. Adeptes de la nouvelle foi, ils y mirent du zèle,
comme tous les convertis, et descendirent par vagues successives de leurs
montagnes dans la plaine de la Métochie et du Kossovo, pour y usurper des terres serbes au prix de massacres,
des exodes, de l’esclavage le plus noir ou d’une albanisation forcée. Je ne m’attarderai pas sur les grandes
migrations serbes du Kossovo au XVIIe et au
XVIIIe siècles, consécutives aux révoltes serbes contre
l’occupant ottoman dans le contexte des guerres austro-turques. Mais je
citerai des sources du début XXe siècle qui relatent qu’entre
la guerre serbo-russe contre C’est donc près d’un million de
Serbes, en incluant les victimes de divers massacres, qui en espace d’un
siècle disparurent du Kossovo et de la Métochie au profit des intrus et
des colonisateurs albanais. Néanmoins, il y restait à la mort de Tito, en 1980, quelques
350 000 Serbes. Et tout ce que Slobodan Milochévitch avait tenté,
en rétablissant la souveraineté de la Serbie sur le Kossovo en 1989, c’était
d’endiguer ce processus fatal. Et bien que, par cette mesure, les doits
des Albanais, majoritaires au Kossovo mais minoritaires en Serbie, aient
été entièrement respectés, ils refusèrent d’intégrer les institutions
d’État serbe, crièrent à l’apartheid, au génocide, et appelèrent, tout
en s’adonnant à des actions terroristes, au secours l’Union européenne,
les Etats-Unis, l’Otan, bref ce que l’on appelle par euphémisme la communauté
internationale. Celle-ci, sans point considérer toute la complexité et
toute la gravité de la question du Kossovo, ne tarda pas de faire siennes
les inimitiés, les haines albanaises héréditaires à l’encontre des Serbes,
poussées et prospérées à l’ombre de divers règnes tyranniques, l’un pire
que l’autre, turc, fasciste et communiste, et de parachever leur œuvre :
emprise totale des Albanais sur la Terre sainte serbe. En effet, c’est la plus grande coalition
d’États, regroupant dix-neuf nations de près d’un milliard d’hommes et
constituant la plus formidable force militaire de tous les temps, l’Otan,
qui, en ce mois de mars 1999, s’attela à cette besogne, en s’abattant
sur la Serbie, et en la soumettant durant près de trois mois à des bombardements
incessants, la mettant à
feu et à sang! Ce crime, l’un des plus abominables et des plus gratuits
que l’on ait jamais commis sous le ciel, culmina lorsque les forces l’Otan,
ayant occupé le Kossovo, à la suite du retrait des forces serbes en juin
1999, laissèrent la province à la merci des Albanais. Ceux-ci en chassèrent
aussitôt 250 000 Serbes, s’emparèrent de leurs biens ou les détruisirent,
en même temps qu’ils profanèrent et vandalisèrent les églises
et les cimetières. Des spectacles effrayants qui se reproduisirent en
mars 2004, toujours devant l’incurie des
troupes de l’Otan et de l’administration onusienne, et que vous allez
voir tout à l’heure en projection vidéo. Je vous rappelle que cette abomination,
cette orgie du mal que fut la guerre de l’Otan contre la Serbie, se déroulait
précisément au moment où s’achevait le Deuxième millénaire du Christ que
l’on se préparait à célébrer, et que toutes les nations de la coupable
coalition contre la Serbie chrétienne étaient, excepté la Turquie, des
nations chrétiennes ou supposées telles ! Et c’est justement ce fait
aberrant qui soulève de gravissimes interrogations, qui ne manqueront
pas d’intriguer les plus grands esprits, historiens, sociologues, philosophes,
théologiens, et qui consistent en ceci: d’où vient un tel acharnement
du mal contre un espace du Christ par excellence que fut le Kossovo, tant
par sa civilisation que par le calvaire que les fidèles du Christ y ont
enduré à travers les âges et ne cessent de le faire jusqu’à nos jours ?
Comment se fait-il que la plus grande puissance de la planète, s’est mise
au service, s’est faite l’instrument, le glaive pour légitimer, pour sceller
l’une des plus noires injustices de l’histoire? Et cela au prix de la
destruction de la nation serbe tout entière, comme l’annonçait le sinistre
pitre de l’Otan, Jamie Shea, en déclarant: «Nous rejetterons la Serbie
à l’âge de pierre!» Toujours est-il que, après cette
guerre appelée, pour comble de la dérision, humanitaire, et tellement prêchée par Bernard Kouchner
et consorts, il ne resta plus que 80 000 Serbes au Kosovo, enfermés
depuis dans un véritable goulag! C’est ce Kossovo ethniquement nettoyé,
meurtri, ravagé, transformé en en
un vaste champ de ruines où règne l’arbitraire le plus noir, que les caciques
de la dite communauté internationale s’agitent ces jours-ci à promouvoir
en Etat! Telle communauté internationale, tel Etat! En tout cas, vous mesurez de tout
cela l’étendue de l’horreur, l’immensité de la faute ! Comme s’il
était dans les desseins de la Providence de montrer avec le Kossovo les
limites affligeantes de l’homme, certainement de faire apparaître, à la
lueur des flammes de l’apocalypse sur la Serbie, le mal du monde à travers
la sauvagerie des civilisés, l’hypocrisie des démocrates et l’inhumanité
des humanistes qui se sont investis dans cette entreprise monstrueuse,
parce que précisément contre-nature et contre la nature, contre l’histoire,
contre la morale et la civilisation, que fut la guerre dite du Kossovo.
Il est clair que toute reconnaissance du Kossovo en tant qu’Etat, fruit
d’une telle malédiction, ne pourra être acceptée ni considérée par les
Serbes et par tous les hommes de conscience, que comme nulle et non avenue. |
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